69 % des travailleurs indépendants dépourvus de contrat de prévoyance

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Selon un observatoire OpinionWay pour le groupe UNMI, 69 % des travailleurs indépendants dépourvus de contrat de prévoyance n’ont jamais été conseillés sur le sujet. Moins d’un sur deux est couvert, alors que le régime obligatoire verse des montants plafonnés bas en cas de maladie, d’invalidité ou de décès.
 

Un artisan ou un commerçant arrêté par la maladie touche au mieux 65,84 euros par jour de l’Assurance maladie, après trois jours de carence. Le montant est calculé sur son revenu moyen des trois dernières années, retenu dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 48 060 euros en 2026. En dessous de 4 582 euros de revenu annuel moyen, il ne perçoit rien. Les charges du local, le crédit du véhicule et les cotisations continuent de courir.
 

La France comptait 4,9 millions de travailleurs indépendants fin 2025 d’après l’Urssaf (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales), dont 3 millions d’auto-entrepreneurs. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) en dénombrait 4,4 millions fin 2022. L’observatoire 2026 du groupe UNMI (Union nationale mutualiste interprofessionnelle), réalisé avec OpinionWay et publié le 1er octobre, s’intéresse à ceux qui n’ont souscrit aucun contrat de prévoyance. Son principal enseignement tient en un chiffre : 69 % d’entre eux n’ont jamais été conseillés sur cette protection.
 

Savoir qu’on risque gros ne suffit pas
 

L’étude s’attache aux freins qui maintiennent ces professionnels sans couverture et aux leviers qui les feraient changer d’avis. Les auteurs en tirent un constat : la conscience du risque ne suffit pas à déclencher la souscription. Rapproché du chiffre de 69 %, ce constat suggère que le risque est connu et que le conseil individuel manque, celui qui chiffre ce que l’indépendant perdrait et ce que coûterait une assurance.
 

Le taux d’équipement ne bouge guère d’une année sur l’autre. Le baromètre CSA réalisé pour l’assureur MetLife, publié en juin, l’établit à 44 % des travailleurs non salariés (TNS), après 45 % en 2024 et en 2025. Une enquête OpinionWay pour Ampli Mutuelle donnait 46 % en mars. Le revenu fait la différence : 33 % de ceux qui gagnent moins de 40 000 euros par an sont couverts, contre 73 % au-dessus de 60 000 euros. Parmi les non-équipés, 60 % citent le prix comme premier frein, et 62 % des indépendants déclarent ne pas pouvoir maintenir leur niveau de vie plus d’un mois si leur activité s’interrompt. En 2022, une précédente étude du même groupe UNMI le situait à 48 %.
 

Ce que le régime obligatoire verse vraiment
 

Les prestations de base sont connues et modestes. Les indemnités journalières sont servies pendant 360 jours au maximum sur une période de trois ans. Au-delà, si l’incapacité devient durable, la pension d’invalidité prend le relais. Elle représente 30 % du revenu annuel moyen en cas d’invalidité partielle, avec un maximum de 14 418 euros par an, et 50 % en cas d’invalidité totale, dans la limite de 24 030 euros. Le capital versé aux proches en cas de décès s’élève à 9 612 euros.
 

Un contrat de prévoyance complète ces montants par des indemnités journalières supplémentaires, une rente d’invalidité et un capital décès choisis à la souscription. Les cotisations sont déductibles du bénéfice imposable dans le cadre de la loi Madelin, dans une enveloppe comprise en 2026 entre 3 364 et 11 534 euros selon le revenu. La déduction ne profite toutefois qu’aux indépendants imposés au régime réel, ce qui exclut les micro-entrepreneurs, soit 61 % des indépendants. Sur les 3 millions d’auto-entrepreneurs recensés par l’Urssaf, 2,06 millions seulement ont déclaré un chiffre d’affaires positif en 2025.
 

Le plafond se calcule en additionnant 3,75 % du bénéfice imposable et 7 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, dans la limite de 3 % de huit fois ce plafond. Pour un bénéfice de 40 000 euros, l’enveloppe déductible atteint ainsi 4 864 euros, d’après notre calcul. Le minimum de 3 364 euros correspond aux 7 % du plafond de la Sécurité sociale, acquis même sans bénéfice.
 

Les 69 % de non-couverts jamais conseillés que décrit l’observatoire renvoient à une question de distribution. Les salariés reçoivent leur prévoyance par l’entreprise, souvent sans l’avoir demandée. L’indépendant doit la chercher lui-même, auprès d’un courtier, d’une mutuelle ou de son expert-comptable. D’après le baromètre CSA, 55 % des non-équipés se disent prêts à souscrire un contrat simplifié à un tarif accessible.